La Phosphatidylsérine, bien plus qu’un constituant membranaire

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Résumé

Il est souvent rappelé, à juste titre, que les phospholipides sont les constituants de base des membranes cellulaires. En tant que phospholipide, la Phosphatidylsérine participe à l’élaboration de ces structures, mais son rôle va bien au-delà. Elle intervient directement dans le fonctionnement cellulaire en modulant les effets des récepteurs et canaux ioniques insérés dans les membranes.

La Phosphatidylsérine est un élément essentiel au fonctionnement des cellules nerveuses et aux performances cérébrales. Elle protège les récepteurs, amplifie leur sensibilité en présence des neurotransmetteurs et les protège au cours du vieillissement.

Phospholipides et membranes

Toutes les membranes cellulaires sont constituées de deux couches de phospholipides.
La membrane plasmique sépare le milieu intracellulaire, où se déroulent les réactions métaboliques qui permettent la vie cellulaire, du milieu extérieur. Sans elle, la vie ne serait tout simplement pas possible.

Cette membrane n’est pour autant pas une barrière étanche. Des nutriments et des informations doivent pouvoir être délivrés à l’intérieur de la cellule tandis que les produits du métabolisme doivent traverser dans l’autre sens vers le milieu extérieur pour atteindre d’autres cellules ou être éliminés.

Pour cela, des canaux membranaires et des récepteurs sont insérés dans les membranes, et peuvent parfois la traverser totalement.

Phosphatidylcholine - Cell membrane structure

La Phosphatidylsérine, qu’est-ce que c’est exactement ?

La tête polaire de la Phosphatidylsérine est constituée de l’acide aminé sérine qui lui donne son nom. Au-delà de sa composition, la Phosphatidylsérine se distingue des autres phospholipides par sa répartition dans l’organisme et sa localisation dans les membranes.

La Phosphatidylsérine est typiquement d’origine animale. Chez l’homme, la moitié de la Phosphatidylsérine du corps est concentrée dans le cerveau où elle peut représenter jusqu’à 20% des phospholipides, ce qui lui a valu son surnom de « phospholipide du cerveau ».

Au-delà de cette répartition particulière, la Phosphatidylsérine présente aussi une localisation directement en lien avec son activité. Elle se concentre sur la face interne des membranes des cellules nerveuses, orientée vers le milieu intracellulaire.
Elle s’organise autour des récepteurs et des canaux membranaires à qui elle assure un environnement spécifique à l’origine de son activité physiologique.

L’augmentation de l’affinité entre un récepteur et son neurotransmetteur en présence de PS a été montrée par des études scientifiques. Les signaux nerveux sont transmis plus facilement et détectés à des niveaux plus faibles.
La PS protège les récepteurs, ralentissant leur diminution au cours du vieillissement. Des essais in vitro sur des membranes isolées ont mis en évidence que la Phosphatidylsérine est capable de maintenir l’activité d’un récepteur même en présence d’un inhibiteur. Cette propriété lui est spécifique et n’est pas retrouvée avec les autres phospholipides.
Ces éléments illustrent les effets de la PS sur le cerveau, optimisant la création et la transmission des signaux nerveux. Il a pu être montré chez l’homme qu’un apport de Phosphatidylsérine par voie alimentaire s’accompagne d’une augmentation de l’activité cérébrale mesurée à l’aide d’un électroencéphalogramme.

Phosphatidylserine schéma

La phosphatidylsérine

La phosphatidylsérine est typiquement un phospholipide d’origine animale, particulièrement concentrée dans le cerveau qui contient à lui seul la moitié de la phosphatidylsérine du corps.

La teneur du cerveau en phosphatidylsérine diminue au cours du vieillissement, en parallèle avec la diminution des performances cérébrales. Il est possible de compenser cette diminution par un apport alimentaire, et de ralentir l’altération de la mémoire.

L’apport alimentaire : une source indispensable

Notre métabolisme nous permet de synthétiser la Phosphatidylsérine en modifiant d’autres phospholipides, mais cette synthèse endogène est insuffisante et un apport alimentaire est essentiel.

Conséquence de l’évolution de nos habitudes nutritionnelles, nos apports en phospholipides sont en constante diminution.
La moindre consommation d’abats animaux entraîne un impact d’autant plus marqué pour la Phosphatidylsérine. Sa supplémentation sous forme de complément alimentaire peut devenir une solution efficace pour compenser cette diminution.
Une supplémentation est d’autant plus souhaitable que la teneur en Phosphatidylsérine du cerveau diminue avec l’âge, accompagnant l’altération des performances cérébrales. À l’âge de 70 ans, le cerveau humain a perdu entre 20 et 25% de son contenu en PS.

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Les effets physiologiques de la Phosphatidylsérine

La Phosphatidylsérine est particulièrement concentrée dans l’hippocampe, la zone du cerveau impliquée dans la mémorisation. Et c’est son influence sur la mémoire qui a fait l’objet des premières études scientifiques. Celles-ci ont démontré qu’une supplémentation en PS permet de soutenir la mémoire chez des personnes présentant des troubles limités. Cet effet positif est observé avec une dose quotidienne de 100 à 300 mg de PS, mais surtout pendant une durée suffisamment longue, au minimum de 12 semaines. L’objectif d’une telle supplémentation est de restaurer le contenu en PS dans les membranes des cellules nerveuses et de retrouver une transmission optimale des signaux nerveux.
Ce mode d’action basé sur l’amplification des interactions entre récepteurs et neurotransmetteurs peut expliquer pourquoi l’efficacité d’une supplémentation en PS est très dépendante de l’état physiologique des personnes qui la reçoivent.
Un apport en PS très tôt chez les seniors a montré les plus forts bénéfices. Un apport tardif chez des personnes atteintes de démence et chez qui le couple récepteur/neurotransmetteur est déjà dégradé, aura moins de chance d’être efficace. Et c’est effectivement ce qui a été observé lors des multiples essais chez l’homme.

Au-delà de ses effets sur la mémoire, la PS a aussi un effet positif sur le stress. Cet effet a été objectivé par la mesure de marqueurs biologiques reconnus comme le cortisol et l’hormone ACTH. Il a aussi été évalué par l’intermédiaire de questionnaires qui permettent de faire ressortir les effets sur le bien-être ressenti au quotidien.

Et enfin, il est démontré que la Phosphatidylsérine a aussi un effet bénéfique sur les manifestations liées aux troubles du déficit de l’attention, un syndrome connu sous le nom de TDAH. En améliorant la concentration et en diminuant les manifestations d’hyperactivité, la Phosphatidylsérine souligne son activité de régulation de l’activité cérébrale, et pas uniquement un effet d’amplification.

Phosphatidylserine schéma (5)

Comment obtenir de la Phosphatidylsérine d’origine végétale ?

La Phosphatidylsérine est typiquement d’origine animale, particulièrement concentrée dans le cerveau et les abats animaux, autant de sources alimentaires aujourd’hui délaissées. Pour des raisons sanitaires, il est aussi devenu impossible de proposer des ingrédients qui en seraient issus.

Il existe peu d’alternatives végétales naturelles à ces sources animales.
Les végétaux ne représentent pas une source alimentaire significative et efficace de Phosphatidylsérine. Les lécithines végétales, bien que riches en phospholipides, n’en contiennent que des traces.
La Phosphatidylsérine est obtenue par modification enzymatique des autres phospholipides, principalement la phosphatidylcholine, en utilisant des lécithines végétales comme matière de départ. Il est ainsi possible d’obtenir de la Phosphatidylsérine avec une origine soja ou tournesol.

Phosphatidylserine schéma (4)

La phosphatidylsérine : essentielle aux cellules nerveuses

La Phosphatidylsérine est une parfaite illustration du mode d’action original des phospholipides, agissant par des voies spécifiques et le plus souvent complémentaires des autres actifs.

La Phosphatidylsérine est essentielle aux cellules nerveuses en participant activement aux propriétés de leurs membranes, en optimisant la création et la propagation des signaux nerveux.
Les récepteurs et neurotransmetteurs sont indispensables pour assurer le fonctionnement du cerveau. Mais ils ne sont pas suffisants. C’est la Phosphatidylsérine qui optimise leur action et permet une régulation de l’activité cérébrale.

De la mémoire à la gestion du stress et jusqu’à la régulation de l’hyperactivité, la Phosphatidylsérine est bien un chaînon incontournable pour notre cerveau. Il est indispensable de lui assurer un apport suffisant qui repose en grande partie sur l’alimentation.

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Références

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