Pourquoi les lipides mineurs sont-ils si importants ?

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Résumé

Si les phospholipides disparaissaient de notre alimentation, cela se ferait probablement de façon silencieuse car ils ne font pas partie de la surveillance nutritionnelle de nos rations quotidiennes. Mais cela ne serait pas sans conséquences sur notre santé et notre métabolisme.

C’est tout le paradoxe de ces lipides dits mineurs, et parmi eux les phospholipides. Présents dans les aliments en trop petites quantités pour être mesurés et suivis, ils n’en sont pas moins indispensables.

Les matières grasses ont été longtemps regardées uniquement comme des sources de calories ou des ingrédients dédiés à la cuisson. Elles ont aussi été accusées d’être à l’origine de l’augmentation des problèmes de santé liés à notre mode de vie moderne, maladies cardio-vasculaires et diabète.

Cette vision simpliste a évolué. Le rôle essentiel que jouent les lipides dans notre métabolisme est désormais reconnu et de mieux en mieux documenté. Cette reconnaissance reste encore à acquérir pour certains d’entre eux, présents en très petites quantités dans notre alimentation et que l’on a regroupé sous l’appellation de lipides mineurs.

Ces lipides qu’on dit « mineurs », à tort

Derrière le terme de lipides se cache un groupe de nutriments complexes et hétérogènes. Les mieux représentés du point de vue quantitatif sont de loin les triglycérides qui constituent par exemple les huiles de table. Ce sont nos plus gros pourvoyeurs d’acides gras, la source d’énergie principale des organes.

Mais il existe une myriade d’autres lipides, présents en faibles quantités dans nos aliments, peu surveillés et parfois peu connus : ce sont eux les lipides mineurs.

Et parmi eux, les phospholipides.

Notre corps peut les synthétiser, mais pas en quantité suffisante. L’alimentation reste donc une source indispensable. Or, avec la baisse de consommation des abats et d’autres aliments riches en phospholipides, nos apports alimentaires ont chuté. Estimés à environ 6 grammes par jour au début du XXe siècle, ces apports quotidiens seraient aujourd’hui de moins de 4 grammes. Une évolution quasi silencieuse car non documentée.

La diminution quantitative de nos apports alimentaires en phospholipides se double d’une diminution qualitative qui touche plus spécifiquement certains d’entre eux comme la phosphatidylsérine, indispensable au fonctionnement de notre cerveau.

Alors faut-il repenser la place des phospholipides dans notre alimentation ? La supplémentation a-t-elle un rôle à jouer ?

Les phospholipides, invisibles mais incontournables

Sans phospholipides, il n’y a pas de membranes cellulaires. Et sans membranes, pas de vie.

Les membranes délimitent l’espace vital de chaque cellule, abritant toutes les réactions métaboliques indispensables à notre existence. Elles isolent et protègent l’intérieur de la cellule du monde extérieur.

Cellular membrane

Mais elles ne sont pas des barrières étanches. Au contraire, elles sont parcourues de protéines, de récepteurs et de canaux, permettant une communication constante avec l’environnement.
Cette fonction vitale dépend directement de la composition des membranes : les phospholipides se répartissent selon des zones spécifiques, en fonction de leur nature et des protéines qu’ils entourent.

 

Une composition membranaire précise et une organisation parfaite sont donc cruciales pour le fonctionnement de nos cellules et de nos organes.

La bioaccrétion, un mécanisme clé pour nos cellules

Les phospholipides, composants essentiels des membranes cellulaires, ont une capacité unique : celle de s’y insérer et de s’y concentrer spontanément. Ce phénomène, appelé bioaccrétion, permet aux cellules de stocker des nutriments cruciaux, tels que les acides gras oméga 3 (EPA, DHA) ou la choline, directement dans leurs membranes.

Cette accumulation est particulièrement importante dans les cellules nerveuses, où le DHA maintient la fluidité des membranes et favorise une communication efficace entre neurones. C’est également le cas dans le foie, où la phosphatidylcholine sert de réserve de choline pour le métabolisme hépatique.

Les nutriments stockés dans les membranes sous forme de phospholipides sont immédiatement disponibles et mobilisables en fonction des besoins.

Un processus essentiel pour la santé cellulaire et un atout majeur pour le bon fonctionnement de nos organes vitaux !

Acides gras & phospholipides : pourquoi la protection est essentielle ?

Les acides gras apportés par l’alimentation ou les compléments alimentaires sont indispensables pour rester en bonne santé tout au long de la vie. Des périodes comme la grossesse, la croissance du nouveau-né et le vieillissement s’avèrent particulièrement sensibles de ce point de vue.

Sans phospholipides, l’apport nutritionnel n’est pas aussi efficace.

Les triglycérides distribuent leurs acides gras dans tout l’organisme, ils sont utilisés par les organes comme source d’énergie. Certains acides gras comme le DHA atteignent plus difficilement les organes où ils sont indispensables.

Les phospholipides, présents naturellement dans l’alimentation, ne se contentent pas de transporter les acides gras : ils les protègent. Lors de leur transport dans le sang, les acides gras contenus dans les phospholipides sont préservés et guidés directement vers des cibles spécifiques, comme le cerveau ou la rétine.

Les phospholipides apportent ainsi une protection clé pour optimiser l’efficacité du transport des acides gras vers les organes les plus sensibles du corps. Un atout essentiel pour la santé cellulaire !

La nutrition cérébrale : Une histoire de transport avant tout !

Au-delà de son rôle dans la digestion et l’assimilation des nutriments, la Phosphatidylcholine est un élément essentiel pour la nutrition cérébrale. Après avoir protégé la choline dans l’intestin et préservé le DHA dans le sang, c’est elle qui permet à ces nutriments de franchir la barrière hémato-encéphalique et d’atteindre les cellules nerveuses.

Une supplémentation alimentaire en Phosphatidylcholine augmente la choline libre dans le cerveau, indispensable pour la synthèse de l’acétylcholine. La Phosphatidylcholine est la forme la plus efficace de transport de choline jusqu’aux cellules nerveuses.

Un avantage supplémentaire réside dans sa capacité à la bioaccrétion. En s’intégrant efficacement dans les membranes, elle rend immédiatement disponible la choline pour le fonctionnement cérébral.

Une découverte scientifique récente a révélé l’existence du Mfsd2a, un transporteur spécifique du DHA lié à la Phosphatidylcholine localisé au niveau de la barrière hémato-encéphalique. Il assure un passage actif et efficace du DHA vers les cellules nerveuses au travers de cette barrière protectrice très hermétique.

Ce transporteur, découvert il y a à peine plus de 10 ans, représente une avancée majeure pour comprendre le lien entre nutrition et fonctions cérébrales. 

Une carence alimentaire en Phosphatidylcholine ou une production insuffisante de complexes avec le DHA par le foie, entraînent immédiatement une chute du DHA dans le cerveau, et avec lui, une altération 

Transport Mfsd2a

Conclusion : Lipides mineurs, bénéfices majeurs

Les macronutriments, lipides, protéines et glucides, sont sous haute surveillance par les autorités de santé. A juste titre, une attention particulière est aussi accordée aux nutriments essentiels et à leur apport alimentaire régulier.

Mais il existe un chaînon manquant : entre macronutriments et micronutriments, il y a les lipides mineurs, et parmi eux les phospholipides. Peu connus, non mesurés dans notre alimentation, ce sont pourtant eux qui donnent toute leur efficacité à un apport alimentaire ou à une supplémentation.

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