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Résumé
La Phosphatidylcholine occupe une place particulière parmi les phospholipides. Elle est distribuée très largement dans le monde vivant, présente à la fois dans les organismes animaux et végétaux, et le plus souvent de façon majoritaire par rapport aux autres phospholipides.
Cette omniprésence est en lien avec les fonctions essentielles qu’elle assure dans notre organisme.
Une réponse courte pourrait être « presque à tout ».
La Phosphatidylcholine est omniprésente dans les organismes vivants. Elle constitue la base des membranes des cellules sans lesquelles il n’y aurait tout simplement pas de vie.
Ce rôle vital explique à lui seul pourquoi les phospholipides se trouvent naturellement dans tous les organismes et donc dans la majorité de nos aliments.
Cela explique aussi pourquoi nos cellules ont développé la capacité de synthétiser directement une partie de ces constituants membranaires qui leurs sont indispensables.
Ses propriétés d’émulsifiant lui permettent de faciliter la digestion des graisses et l’assimilation des nutriments les moins dispersibles. Cette propriété se retrouve dans la fonction de sel biliaire de la Phosphatidylcholine, ces métabolites chargés de faciliter la dispersion et la digestion des graisses dans l’intestin.
De plus, l’apport alimentaire de Phosphatidylcholine vient soutenir l’efficacité du mucus qui tapisse et protège les parois du tractus digestif, empêchant les conséquences de son altération : inflammation, infections, intestin poreux et autres ulcères.
La Phosphatidylcholine n’assure pas qu’un rôle structurel ou d’émulsifiant, loin de là.
Elle contient dans sa structure des acides gras et de la choline et peut servir de vecteur et de forme de stockage pour ces nutriments sensibles.
En tant que vecteur de choline, la Phosphatidylcholine exerce un effet bénéfique à plusieurs niveaux. Elle amplifie l’absorption intestinale de la choline par comparaison à sa forme libre. Elle exerce de plus une protection vis à vis des modifications de la choline libre par les bactéries intestinales qui aboutissent à l’apparition de TMAO dans le sang, considéré comme un facteur de risque cardiovasculaire.
La Phosphatidylcholine représente la seule forme de réserve de choline pour le foie. Sa mise en réserve se situe dans les membranes cellulaires, et la mobilisation de cette réserve de choline nécessite son remplacement et un renouvellement constant des membranes des cellules hépatiques.
La Phosphatidylcholine assure aussi le drainage des lipides hépatiques. Cette dernière fonction permet de prévenir l’apparition de la stéatose (plus connue sous le nom de foie gras) consécutive à une accumulation de lipides qui est une réponse stéréotypée du foie à tous les déséquilibres. Seule la Phosphatidylcholine est capable de contrer cette accumulation.
Une autre fonction physiologique jusqu’à présent sous-estimée conduit la Phosphatidylcholine à protéger et transporter un acide gras essentiel au fonctionnement cérébral et à la rétine : le DHA.
Lié à la Phosphatidylcholine, le DHA échappe à une distribution très large dans tous les organes. Il est au contraire préservé jusqu’à atteindre des barrières protectrices très étanches : les barrières hémato-encéphalique et hémato-rétinienne.
C’est sous forme de phosphatidylcholine que le DHA peut traverser le plus efficacement ces barrières pour atteindre les cellules nerveuses et s’incorporer dans leurs membranes.
La choline est un nutriment indispensable à notre métabolisme. Elle nous est apportée en grande partie par notre alimentation sous deux formes principales, dites libre et liée.
La choline libre est soluble dans l’eau et directement disponible pour être utilisée par nos cellules.
Sous sa forme liée, la choline est portée par la Phosphatidylcholine. Cette présentation lui permet de traverser librement les membranes cellulaires et d’être mieux assimilée. C’est aussi sous cette forme que la choline peut être stockée dans les phospholipides membranaires pour être libérée en cas de besoin.
Notre apport alimentaire nous fournit naturellement ces deux formes en proportions équilibrées.
Comme tous les autres glycérophospholipides, la Phosphatidylcholine est bâtie autour d’un squelette constitué de glycérol porteur de deux acides gras. La troisième position disponible est occupée par une molécule de phosphore et un groupement qui donne son nom au phospholipide.
Dans le cas de la Phosphatidylcholine, cette position est occupée par la choline, un nutriment jugé indispensable à notre organisme.
Comme les autres phospholipides, la Phosphatidylcholine peut être produite par nos cellules. En fonction de l’organe concerné, deux voies de synthèse différentes peuvent être utilisées.
Dans les organes comme le foie et les reins, où la choline est indispensable au fonctionnement, la Phosphatidylcholine est synthétisée à partir de Phosphatidyléthanolamine et ne détourne pas la choline disponible.
Pour les autres organes, une autre voie est privilégiée, produisant la Phosphatidylcholine à partir de diglycérides, de phosphore et de choline.
Cette synthèse endogène ne permet toutefois pas de couvrir nos besoins, et un apport alimentaire reste indispensable.
Il est acquis que cette part de l’alimentation est en diminution constante depuis le début du XXième siècle. Mais son ampleur reste à évaluer précisément. Les phospholipides, dont la Phosphatidylcholine, sont présents en faibles quantités dans les aliments, et le plus souvent ignorés dans les études nutritionnelles.
Notre apport alimentaire en phospholipides est estimé entre 3 et 6 g / jour.
Cette lacune dans nos connaissances a conduit au concept de « lipides mineurs » : sous évalués parce qu’en faibles quantités, mais dont l’importance ne se résume pas à un simple aspect quantitatif.
Bien plus qu’un simple émulsifiant, la Phosphatidylcholine assure l’absorption, la protection, le transport et le stockage de nutriments essentiels pour l’organisme.
L’apport de ces nutriments serait bien moins efficace sans cet allié discret mais omniprésent.
La phosphatidylcholine participe directement à la protection de certains organes comme le tractus digestif et le foie, et à la nutrition du cerveau.
La part nécessaire de l’apport alimentaire de Phosphatidylcholine par comparaison à sa synthèse endogène mériterait d’être mieux évaluée afin d’éviter une carence et ses conséquences.
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